L'airfryer après l'engouement : derrière les 300 millions d'euros du marché français, un taux d'utilisation qui interroge

L'airfryer après l'engouement : derrière les 300 millions d'euros du marché français, un taux d'utilisation qui interroge

8 juillet 2026 15 min de lecture
Airfryer : utilité réelle, avis d’utilisateurs, avantages santé, limites au quotidien et chiffres clés du marché français. Faut-il vraiment acheter une friteuse à air ?
L'airfryer après l'engouement : derrière les 300 millions d'euros du marché français, un taux d'utilisation qui interroge

Airfryer, utilité réelle et avis : un succès commercial, un usage plus nuancé

Le marché français de la friteuse à air (airfryer) est désormais estimé autour de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, mais la question de l’utilité réelle de ces appareils de cuisson reste entière. Selon des données de panels relayées par la presse économique, notamment GfK et Circana (ex-NPD) pour les années 2022 et 2023, les ventes d’airfryers ont bondi de plus de 80 % sur une année, puis encore d’environ 140 % l’année suivante, alors que nombre de foyers laissent l’appareil dormir sur le plan de travail ou dans un placard. Quand on analyse les retours d’expérience et les avis d’utilisateurs, on voit un fossé net entre l’achat enthousiaste et la place que l’appareil prend vraiment dans la cuisine au quotidien.

Les fabricants mettent en avant une cuisson sans bain d’huile, des frites croustillantes avec très peu de matière grasse et une promesse d’alternative plus saine aux friteuses à huile classiques. Dans les faits, la friteuse à air fonctionne comme un petit four à air pulsé, avec un flux de chaleur sèche qui enveloppe les aliments, ce qui rapproche davantage l’appareil d’un four traditionnel que d’une friteuse traditionnelle. Cette parenté avec le four classique explique pourquoi certains consommateurs comparent directement leur airfryer à leur four micro-ondes ou à leur four combiné, en se demandant si un appareil de plus est vraiment nécessaire.

Les données de panels publiées dans la presse généraliste indiquent qu’environ un foyer français sur quatre possède déjà un airfryer, soit près de 27 % des ménages, ce qui est considérable pour un petit électroménager de cuisine. Pourtant, quand on interroge ces foyers sur la fréquence d’utilisation, beaucoup reconnaissent s’en servir surtout pour les frites et quelques aliments surgelés, loin des vidéos de recettes complètes de repas équilibrés. L’appréciation globale bascule alors vers une perception d’appareil pratique mais limité, surtout si la capacité ne permet pas de préparer des repas complets pour quatre personnes.

Le profil type de l’acheteur déçu se dessine assez clairement, avec des contraintes d’espace et de nettoyage qui reviennent souvent. Dans les cuisines urbaines où chaque plan de travail est déjà occupé par un micro-ondes, un robot multifonction et parfois une friteuse classique, l’arrivée d’un nouvel appareil pose un problème de place immédiat. Quand l’airfryer finit dans un placard haut, loin de la zone de cuisson, la probabilité qu’il serve pour les repas du quotidien chute brutalement, quelle que soit la qualité de cuisson des aliments.

Le nettoyage joue aussi un rôle clé dans les avis négatifs de certains utilisateurs occasionnels. Le panier et la cuve vont souvent au lave-vaisselle, mais la réalité est moins simple quand la graisse sèche colle aux grilles et que la vaisselle est déjà pleine. Ceux qui comparent avec une friteuse à huile classique notent que l’absence de bain d’huile réduit les odeurs, mais pas forcément le temps passé à frotter les résidus d’aliments cuits sur les parois.

Enfin, la capacité limitée de nombreux modèles bride l’usage pour les familles, surtout avec des appareils de 3 à 4 litres. Préparer des frites maison pour quatre adultes impose parfois deux tournées de cuisson, ce qui rallonge le temps total et annule une partie du gain par rapport à un four traditionnel bien préchauffé. Dans ces conditions, certains reviennent à leur four classique ou à leur friteuse traditionnelle pour les grandes tablées, réservant la friteuse à air aux petits repas en solo ou en duo.

Quand l’airfryer remplace vraiment un appareil : conditions d’un usage régulier

Les usagers satisfaits de leur friteuse sans huile ont un point commun clair : ils l’ont choisie pour remplacer un appareil précis, pas pour en ajouter un de plus. Chez eux, l’airfryer prend la place d’une friteuse à huile encombrante ou d’un petit four fatigué, ce qui libère de la place sur le plan de travail et simplifie la cuisine. Dans ces foyers, les avis sont nettement plus positifs, car l’appareil devient la solution par défaut pour une grande partie des cuissons rapides.

Sur le plan nutritionnel, l’argument de l’alternative plus saine n’est pas qu’un slogan, à condition de bien comprendre ce que l’on compare. Une friteuse traditionnelle fonctionne avec un bain d’huile à haute température, ce qui imbibe les aliments et augmente fortement la quantité de graisses saturées consommées. Avec un airfryer, on réduit nettement l’huile utilisée, parfois à une simple cuillère, ce qui diminue les graisses mais ne transforme pas des frites en légumes vapeur pour autant.

Les études sur la formation d’acrylamide, synthétisées notamment par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), montrent que cette substance se développe surtout lors de la cuisson à haute température d’aliments riches en amidon, comme les frites ou certains snacks. Que l’on utilise un four traditionnel, une friteuse à air chaud ou un four micro-ondes combiné, le risque existe dès que la coloration devient très foncée et que les aliments sont très croustillants. L’évaluation de l’airfryer doit donc intégrer cette nuance : l’appareil peut être une alternative plus vertueuse à une friteuse classique, mais il ne dispense pas de surveiller la cuisson et de limiter les excès de produits ultra-transformés.

Sur le terrain, les utilisateurs réguliers exploitent leur friteuse à air bien au-delà des frites surgelées. Ils y préparent des légumes rôtis, du poulet, du poisson, des falafels ou des gratins individuels, en profitant d’une cuisson plus rapide qu’un four classique pour de petites quantités. Dans ces cas, l’appareil devient un allié du quotidien, capable de sortir un repas complet en moins de 20 minutes, sans préchauffage long ni surconsommation d’énergie.

Les fonctions avancées, en revanche, restent souvent sous-exploitées, comme pour beaucoup d’appareils connectés dont le taux d’activation des options reste inférieur à la moitié. Les programmes préréglés pour la cuisson de certains aliments, les modes déshydratation ou les recettes guidées via une application séduisent sur le papier, mais l’utilisateur pressé se contente souvent du réglage manuel temps et température. Les vidéos de démonstration et les tutoriels en ligne peuvent aider, mais ils ne suffisent pas toujours à ancrer de nouvelles habitudes de cuisine.

Pour se faire une idée concrète de la performance, les tests indépendants d’un modèle précis restent précieux. Un essai détaillé d’un airfryer de série récente, comme le test d’un appareil avec technologie RapidAir et multiples options de cuisson, permet de comparer la qualité des frites, la régularité de la cuisson et la facilité de nettoyage. Ce type de retour d’expérience nourrit un avis plus objectif, loin des promesses marketing, en montrant ce que l’appareil change vraiment dans la préparation des repas.

Comme le résume une spécialiste du marché interrogée par la presse : « Le phénomène airfryer dépasse tout ce que le marché du petit électroménager a connu jusqu’à présent. ». Cette phrase souligne l’ampleur de l’engouement, mais elle invite aussi à se demander si l’usage suivra durablement, ou si la friteuse à air rejoindra la longue liste des appareils de cuisine sortis trois fois par an. Pour l’instant, ces appareils semblent mieux s’installer que certaines modes éphémères, mais la bataille se joue dans la répétition des usages, pas dans le pic de ventes initial.

Un produit d’impulsion comme la fast fashion électroménager ?

Le petit électroménager de cuisine vit depuis quelques années au rythme de vagues successives, avec des catégories qui explosent puis se tassent rapidement. Les masques LED, les aspirateurs laveurs ou les blenders portables ont connu des croissances à deux ou trois chiffres, avant que l’usage réel ne rattrape l’effet de mode. L’analyse de l’utilité réelle des airfryers doit donc être replacée dans ce contexte de fast fashion électroménager, où l’achat impulsif précède parfois la réflexion sur la place et la fréquence d’utilisation.

En magasin comme en ligne, la friteuse à air coche toutes les cases du produit d’impulsion réussi. Le prix moyen reste accessible pour un appareil de cuisson, les promesses de santé sont fortes, et les vidéos de recettes rapides envahissent les réseaux sociaux, montrant des repas complets en quelques minutes. Face à ces images, beaucoup de consommateurs imaginent déjà des frites croustillantes, des légumes grillés et des aliments cuits avec très peu de graisses, sans toujours se demander si leur plan de travail peut accueillir un appareil de plus.

Le parallèle avec la fast fashion est frappant quand on observe la multiplication des modèles d’airfryers, déclinés en différentes capacités, couleurs et options. Certains combinent fonction friteuse et mini-four, d’autres ajoutent une porte vitrée façon four classique, ou encore un mode four micro-ondes pour concurrencer le micro-ondes traditionnel. Cette profusion complique le choix, mais elle alimente aussi l’envie de renouveler un appareil encore fonctionnel, au lieu de se concentrer sur la durabilité et la réparabilité.

Les catégories montantes comme les blenders portables ou les sorbetières risquent de suivre la même trajectoire, avec un pic de ventes suivi d’un taux d’utilisation modeste. Un blender portable séduit par la promesse de smoothies partout, mais finit parfois au fond d’un tiroir, comme une friteuse classique oubliée après quelques bains d’huile. L’expérience des friteuses à air devrait servir de leçon : sans réflexion sur les usages concrets, la cuisine se remplit d’appareils redondants qui compliquent plus qu’ils ne simplifient les repas.

Pour éviter cet écueil, il faut aborder l’achat d’un airfryer comme celui d’un four ou d’une friteuse, et non comme un gadget. La question centrale n’est pas de savoir si l’appareil est à la mode, mais quel équipement il remplace réellement dans votre cuisine, qu’il s’agisse d’une friteuse à huile, d’un petit four ou d’un four micro-ondes vieillissant. Un avis honnête commence par cette réflexion : si rien n’est retiré du plan de travail, l’encombrement et la charge mentale de vaisselle supplémentaire risquent de transformer l’enthousiasme initial en frustration.

Les consommateurs les plus satisfaits sont souvent ceux qui rationalisent leur parc d’appareils, en combinant par exemple un multicuiseur et une friteuse à air pour couvrir l’essentiel des cuissons. Un test détaillé de multicuiseur, comme le test d’un modèle programmable de grande capacité, montre comment ce type d’appareil peut prendre en charge les plats mijotés, laissant à l’airfryer les cuissons croustillantes. Cette approche limite la prolifération d’appareils spécialisés et renforce la perception positive, car chaque appareil a un rôle clair dans l’organisation des repas.

On voit aussi émerger une forme de sobriété choisie chez certains passionnés de cuisine, qui préfèrent investir dans quelques appareils robustes plutôt que dans une collection de gadgets. Ils comparent la cuisson à l’air chaud à celle d’un four traditionnel bien maîtrisé, évaluent la consommation électrique, la facilité de nettoyage et la durée de vie probable avant de trancher. Dans ce cadre, l’airfryer n’est plus un achat d’impulsion, mais un choix réfléchi qui peut réellement améliorer le quotidien culinaire.

Comment choisir et utiliser un airfryer pour qu’il ne finisse pas au placard

Pour qu’un airfryer trouve sa place durablement dans votre cuisine, le choix du modèle compte autant que la manière de l’intégrer à vos habitudes. La première question à se poser concerne la capacité réelle nécessaire pour vos repas, en tenant compte du nombre de personnes et de la fréquence des plats type frites, légumes rôtis ou protéines grillées. Un avis positif repose souvent sur un compromis entre volume suffisant et encombrement raisonnable sur le plan de travail.

Ensuite, il faut comparer la cuisson à l’air chaud à vos autres solutions de cuisson existantes. Si vous utilisez déjà beaucoup votre four traditionnel pour de petites quantités, une friteuse sans huile peut réduire le temps de préchauffage et la consommation d’énergie, tout en offrant une texture plus croustillante pour certains aliments. En revanche, si votre four classique est performant et que votre micro-ondes couvre déjà le réchauffage rapide, l’intérêt d’ajouter un appareil de type airfryer doit être pesé avec soin.

La question de la santé mérite aussi une analyse lucide, loin des slogans. Remplacer une friteuse traditionnelle par un airfryer réduit clairement la quantité d’huile utilisée, ce qui diminue l’apport en graisses saturées, surtout si l’on passe de friteuses à bain d’huile à des cuissons avec une simple pulvérisation d’huile. Cependant, l’impact réel sur la santé dépend aussi de ce que l’on met dans le panier : des légumes frais assaisonnés légèrement n’ont pas le même effet que des snacks ultra-transformés cuits jusqu’à brun foncé, avec un risque accru de formation d’acrylamide.

Pour maximiser l’usage, il est utile de planifier quelques recettes phares qui deviendront des automatismes. Par exemple, des légumes racines rôtis, du poulet mariné, des pois chiches croustillants ou des gratins individuels peuvent remplacer avantageusement certains plats préparés au four micro-ondes, tout en offrant une meilleure texture. En diversifiant les aliments cuits dans l’airfryer, on évite de le cantonner au rôle de simple friteuse, ce qui renforce l’impression d’appareil polyvalent et justifie sa place dans la cuisine.

Le nettoyage ne doit pas être sous-estimé, car il conditionne l’envie de ressortir l’appareil après une longue journée. Choisissez un modèle dont le panier et la cuve passent facilement au lave-vaisselle, avec des revêtements résistants et peu sensibles aux rayures, pour limiter le temps passé à frotter les résidus d’aliments. Un entretien régulier de la résistance et des parois internes, en évitant l’accumulation de graisse, améliore aussi la qualité de cuisson et réduit les odeurs, ce qui pèse dans l’appréciation sur le long terme.

Enfin, n’oubliez pas que l’airfryer n’est qu’un maillon de votre écosystème culinaire, aux côtés de votre four, de votre micro-ondes et de vos ustensiles. Investir dans un bon fouet électrique ou un robot de base peut parfois transformer davantage votre pratique de la cuisine qu’un nouvel appareil de cuisson ; un comparatif comme ce guide des meilleurs fouets électriques aide à prioriser. L’essentiel est de bâtir un ensemble cohérent d’outils qui servent vos recettes préférées, plutôt que de céder à chaque nouvelle mode de petit électroménager.

Chiffres clés sur le marché et l’usage des airfryers en France

Les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur issus de la synthèse de plusieurs articles de presse (Le Monde, Yahoo Actualités) et d’analyses de sites spécialisés sur les ustensiles de cuisine. Ils doivent être lus comme des estimations, les rapports détaillés des instituts de panels n’étant pas tous accessibles au grand public.

Indicateur Valeur indicative Commentaire
Chiffre d’affaires annuel en France ≈ 300 M€ Catégorie parmi les plus dynamiques du petit électroménager de cuisine.
Progression des ventes (année N) ≈ +83 % Hausse à deux chiffres, bien supérieure à celle des friteuses classiques.
Progression des ventes (année N+1) ≈ +140 % Nouvelle accélération, portée par la médiatisation et les réseaux sociaux.
Taux d’équipement des foyers français ≈ 27 % Environ un foyer sur quatre possède au moins une friteuse à air.
Volume annuel de ventes ≈ 2,6 millions d’unités Illustration de la rapidité de diffusion de la cuisson par air chaud.
Potentiel de marché mondial 17–20 milliards $ Projection à horizon décennal, selon diverses études de marché.

Sources de référence

  • ustensiles-de-cuisine.net – Analyse du marché français des airfryers et données de chiffre d’affaires (estimation synthétisée à partir d’articles spécialisés).
  • Le Monde – Article économique sur la progression des ventes d’airfryers et l’équipement des foyers français (données issues d’instituts de panels comme GfK et Circana, reprises sous forme d’ordres de grandeur pour 2022–2023).
  • Yahoo Actualités – Enquête sur la hausse de la valeur des ventes d’airfryers et le rôle de cette catégorie dans le petit électroménager (chiffres agrégés et commentés, basés sur des panels de marché récents).
  • EFSA – Avis scientifiques sur l’acrylamide dans les aliments, utilisés ici pour contextualiser les enjeux de cuisson à haute température.
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